L'escapade d'un week-end

La ville de New York est facile à aimer, mais encore plus facile à détester lorsque l’on y vit et qu’on y roule à vélo. Nous avons la chance d’avoir une multitude de courses locales en tout genre, une offre que l’on ne retrouve nulle part ailleurs en Amérique du Nord, mais en même temps nous sommes prisonniers de la congestion routière et la plupart du temps, nous roulons à vélo sur des routes débordantes de voitures.

À un moment ou un autre, il devient vital de fuir la jungle urbaine. Pourquoi pas une escapade d’une journée sur les routes de gravier qui mènent au nord de la ville, ou encore un après-midi dans les pistes de vélo de montagne de l’autre côté du fleuve Hudson, au New Jersey? Bref, si vous conduisez deux heures dans n’importe quelle direction à partir de New York, vous trouverez des endroits merveilleux pour rouler, des Catskills aux Hamptons.

La sublime facilité de préparer son vélo pour une escapade, de sortir de New York en pleine heure de pointe et de s’aventurer sur des chemins paisibles, le site de camping idéal, bien caché à quelques kilomètres à peine de la ville. Voici la nouvelle série «Vélo-camping à New York», l’histoire de deux escapades, les leçons qu’elles nous ont apprises et le matériel utilisé pour décrocher de la grande ville durant quelques heures.

Bikepacking

L’ESCAPADE D’UN WEEK-END

Tout a commencé simplement : un petit groupe, principalement des membres du Team Health Warrior et les filles du CityMD Racing, quittant la ville dès la semaine de travail terminée, nos vélos chargés de sacs bien remplis, pour un week-end sur le vélo et au camping. Le premier jour, notre objectif était simple : atteindre le parc Harriman, le 2e plus gros de l’état de New York, avant le coucher du soleil.

Ce fut un modeste départ, mais notre groupe a gonflé; bien entendu, la météo a décidé de ne pas collaborer avec des orages isolés annoncés pour le moment précis de notre départ prévu pour le vendredi après-midi. Après un guet attentif du radar météo accompagné d’envois de courriels en tous sens, nous en sommes arrivés à un consensus, formé graduellement à partir de notre mantra :  « Au diable les orages, on roule ».

On croyait bien avoir pris la bonne décision mais avant même d’avoir traversé le pont George-Washington, nous nous sommes faits prendre par un orage qui nous a complètement détrempé. Nous avions l’impression de rouler dans une piscine alors que nous naviguions dans le trafic. Peut-être aurions-nous dû écouter ce que les médias disaient à propos de « l’orage de l’été » qui s’en venait!

En raison de cette pluie (non-imprévue!), nous étions tous trempés après quelques kilomètres seulement. Bien sûr, pas de sacs imperméables, autrement notre matériel de camping était aussi partiellement trempé. Mais bon, « au diable les orages, on roule » était notre philosophie pour cette journée et nous avons continué. Nous avons emprunté un chemin menant vers le nord, conscients du soleil qui baissait lentement, mais prenant tout de même le temps de faire un arrêt pour un en-cas en chemin.

Heureusement, Dame Nature, sans verser dans l’extraordinaire, a finalement décidé de coopérer. Rapidement, le soleil s’est pointé, nos vêtements ont commencé à sécher avec la chaude brise d’été pendant que nous roulions le long de l’Hudson, sur des sentiers désertés en raison des récents orages.

Nous avons gagné notre course contre le soleil de justesse et atteint le camping peu avant que la noirceur ne s’installe. En approchant du site choisi pour établir notre campement, frayeur passagère alors que le son de quelques voix monta jusqu’à nous, nous faisant craindre l’occupation de notre site de prédilection par des inconnus. Quel ne fut pas notre soulagement en constatant que les gens sur place étaient nul autre que nos amis Don et Seth qui démarraient eux aussi leur week-end d’aventure à vélo. La chance était avec nous!

Les tentes furent vite installées, le feu allumé, le souper sur mis le grill et les rafraîchissements « pour adultes » généreusement distribués. Ce fut le début d’une soirée passée à se raconter des histoires en tout genre, interrompue le temps de grimper au sommet d’une tour à feu abandonnée. De là-haut, nous pouvions voir les lumières de Manhattan briller au loin alors qu’à l’ouest, nous apercevions les éclairs d’un orage imminent.

L’atmosphère sympathique créée par les raconteurs d’histoires ont fait en sorte que nous n’avons pas vu le temps passer. Nous sommes allés au lit à 2 heures du matin, ce qui a résulté en un départ décidément tardif le lendemain matin. En attendant que tout le monde émerge de son sac de couchage, je suis retourné au sommet de la tour pour admirer soleil levant avec New York au loin, en toile de fond.

Quelqu’un a fini par allumer un nouveau feu de camp et les saucisses ont été mises à cuire pendant que quelque chose ressemblant vaguement à du café était préparé (apparemment, Mat avait oublié ses « essentiels pour un bon café en camping »). Alors que tout le monde essayait vainement de faire sécher vêtements et souliers, quelqu’un s’est branché sur la couverture en direct du Tour de France avec son téléphone. Les bois environnants ont vite résonné de nos cris de joie en voyant « Cav » s’emparer du maillot jaune au terme de la première étape.

Personne ne voulait que ce matin de paresseux dans les bois ne se termine, mais une fois l’étape du Tour conclue, nous sommes partis pour de bon. De retour sur la route, c’était enfin l’heure de rouler.

Notre projet était ambitieux : rouler plus de 110 km en deux jours sur plusieurs de nos routes de terre battue favorites des deux côtés de l’Hudson. Avec notre départ tardif et notre lente progression sur les premières sections de gravier, nous avons rapidement revu nos objectifs à la baisse.

Au fur et à mesure que nous progressions, la conversation s’est orientée sur les sections du trajet qu’il nous faudrait couper pour arriver dès que possible au point de notre baignade de mi-parcours. Après être passés du côté est de l’Hudson, un arrêt s’imposait pour s’abreuver et manger un bon sandwich à la crème glacée. Ce succulent ravitaillement était bienvenu! En le dégustant, nous avons convenu que le comté de Westchester serait notre destination suivante. Il y bien assez de routes de gravier et de sentiers de terre battue dans ce coin pour contenter notre appétit de découverte. Ainsi, face au soleil de fin de journée, nous avons repris la route en direction du réservoir Croton.

Une fois au barrage Croton et après avoir pris le temps d’admirer la vue, nous avons enfin pu profiter de notre baignade de mi-parcours. Nous avons mis un certain temps à trouver le bon endroit pour entrer dans l’eau, si bien que le ciel avait eu le temps de se couvrir lorsque nous y sommes finalement arrivés. Rien de bon pour réchauffer ces eaux déjà très froides, mais après un certain temps, tout le monde était bien heureux de reposer ses jambes fatiguées dans l’eau.

Nous avons ensuite roulé jusqu’à la brasserie la plus près pour manger un bon burger arrosé d’une bonne bière avant de prendre le train pour retourner dans la jungle urbaine – en prenant bien soin d’arrêter dans une autre crèmerie pour une dernière gâterie. C’est ainsi que ce sont conclues deux superbes journées à faire du vélo.

RAPIDITÉ ET LÉGÈRETÉ

L’opposé de notre escapade d’un week-end sur le long du fleuve Hudson est certainement la sortie d’une seule nuit à l’extérieur de la ville, alliant rapidité et légèreté. Nous partons à deux, en route vers un site de camping situé à quelques kilomètres de la sortie de la ville. C’est assez près de chez soi pour attraper un café et un bon déjeuner le lendemain matin, avant de rouler vers le boulot et arriver bien à l’heure.

Pour cette aventure unique, nous avons une fois de plus équipé nos vélos de course de plusieurs bagages, rempli nos poches de maillot jusqu’à ce qu’elles débordent avant de nous faufiler dans le trafic en direction du pont Georges-Washington. Heureusement, contrairement à notre escapade d’un week-end, Dame Nature nous a charmés avec un départ bien au chaud sous le soleil.

Pour sauver du poids, les tentes sont restées à la maison et nous avons apporté nos hamacs (apprenez-en plus à leur sujet dans notre rubrique sur l’équipement). Ce choix s’est avéré une bénédiction lorsque notre route a nécessité de faire un peu de randonnée pédestre pour atteindre notre site de campement! Nous sommes généralement en course contre le soleil pour arriver au camp avant la tombée de la nuit, mais pas cette fois. Nous avons eu le temps de contempler le coucher du soleil, bien assis sur une vieille balançoire près de la rivière.

Alors que le jour faisait place à la nuit, nous nous sommes imprégnés du mode de vie relax typique au camping : préparer les brochettes, allumer le feu, installer les hamacs tout en relaxant au son de la rivière et de la chute tout près de nous. Nous sommes à quelques kilomètres de New York, l’une des plus grandes villes au monde, nous avons la paix et la nuit nous appartient.

Bikepacking

Nous nous sommes éveillés dès l’aube, alors que le soleil se levait au loin sur le fleuve Hudson.  J’ai fini par sortir du confort de mon hamac pour préparer du pré-café. Pour ceux qui ne connaissent pas le pré-café, c’est le café que vous buvez avant de vous rendre dans un vrai café pour apprécier pleinement une vraie bonne tasse de ce breuvage matinal tant convoité. Étant donné que notre retour à la civilisation doit d’abord passer par une montée à pied pentue pour quitter notre campement – les saucisses et les légumes du déjeuner ne nous ont pas allégés non plus – nous avons pris notre temps pour profiter de ce matin tout à fait unique sur la rive de l’Hudson.

Nous devions éventuellement faire face à l’inévitable : nous avons rangé tous nos trucs, préparé nos vélos tout en nous disant que l’escalade à venir serait un excellent entraînement de cyclocross. Chemin faisant, nous avons croisé de nombreux randonneurs qui semblaient mystifiés de nous voir transporter des vélos sur ce sentier, à cette heure très matinale, loin de toute route asphaltée.

Une fois sortis du bois, nous avons rapidement retrouvé nos routes habituelles. C’était bientôt l’heure de trouver un endroit pour déjeuner et prendre un bon café, glacé cette fois, avant de retourner dans la jungle urbaine de New York. Même si nos vélos étaient lourds avec tout cet équipement de camping, nous avons dépassé de nombreux cyclistes qui faisaient une petite sortie matinale en ne transportant rien de plus qu’un sac de selle. Ça fait toujours un petit velours.

Heureusement, cette petite aventure se terminait un samedi matin, ce qui veut dire que nous n’avons pas eu besoin de rouler en fou jusqu’au bureau. Nous avons plutôt pris notre temps pour naviguer dans le trafic, en nous émerveillant de la facilité avec laquelle nous avons pu échapper au bruit et à la folie de la ville de New York, simplement en la quittant le temps d’une nuit, qui fut paisible et silencieuse en bordure de l’Hudson.

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