par Katerina Nash

5x olympienne, Katerina est connue pour être l'une des athlètes les plus versatile et endurante au monde.

Un pic appelé Libin surplombe ma ville natale. Là-haut, lorsque le ciel est limpide, on peut apercevoir les Alpes. J’ai passé mon enfance à gravir le sommet à pied, à la course et en ski à la recherche de cette journée et de cette vue parfaites.

J’ai grandi dans une petite ville du sud-ouest de la Tchécoslovaquie appelée Prachatice. À l’époque où je suis née, le régime communiste était au pouvoir et le resterait pendant encore douze ans, limitant la possibilité de vivre sa vie en toute liberté. En tant qu’enfant grandissant en Europe orientale, je ne savais pas grand-chose sur ce qui se trouvait au-delà des frontières et pourquoi nous ne pouvions pas y aller. On acceptait ce qui se passait et la vie continuait. Nous les petits, on n’était pas à plaindre. La plupart des parents travaillaient pour le gouvernement et avaient un horaire de travail fixe, ce qui leur permettait de passer du temps avec leurs enfants ou de faire du bénévolat dans des clubs locaux. Nous avions des skis, des vélos, des collines, des entraîneurs à l’esprit aventurier et du temps pour jouer après l’école et tout l’été. J’ai passé mon enfance à explorer la nature avec des gens fantastiques en apprenant à apprécier chaque moment.

«J'ai passé mes premières années à explorer le plein air avec des gens formidables tout en apprenant à chaque moment.»

Un jour, la visibilité était parfaite et j’ai enfin pu voir les Alpes. Dès cet instant, j’ai su que je devais y aller. Je devais aller voir ces pics enneigés. Heureusement, la situation politique de mon pays avait changé ; les frontières étaient ouvertes et j’étais libre d’explorer le monde. Je n’ai jamais regardé en arrière. J’ai passé les années suivantes à faire du ski de compétition à travers l’Europe.

Par la suite, j’ai obtenu une bourse sportive à l’Université du Nevada, à Reno, et j’ai déménagé à Tahoe. Je me considère très chanceuse d’avoir découvert Truckee et la région du lac Tahoe. J’y ai passé la majeure partie de ma vie adulte et je ne pourrais compter les kilomètres que j’ai passés en vélo, en ski ou à pied à profiter de tout ce que cette superbe région a à offrir. En plus, le fait de m’entraîner à cette altitude a fait de moi une coureuse ayant une meilleure endurance et je ne me lasse jamais de la vue quand je pars skier ou rouler dans les montagnes qui surplombent le lac Tahoe. Ces dernières années, j’ai temporairement troqué les montagnes pour la ville. Je voulais découvrir la vie citadine. J’ai passé les quatre dernières années à habiter à Emeryville par intermittence. Cette ville est si petite que je peux la traverser au complet en seulement quelques minutes quand je promène mes chiens. Cependant, elle est nichée entre Berkeley et Oakland, et par temps ensoleillé je peux apercevoir le célèbre pont San Francisco  (mieux connu sous le nom de « Bay Bridge ») qui perce le brouillard ou qui s’étire dans la baie de San Francisco.

Ces trois lieux géographiques devaient se retrouver sur mon maillot. Ma ville natale avec Libin sera toujours l’endroit où est née ma passion du plein-air. J’essaie de me rendre au sommet, soit à pied ou en vélo, chaque fois que je rends visite à mes parents. Au sommet de Libin se trouve une tour avec six fenêtres qui est représentée sur le côté gauche de mon maillot. Tahoe est l’endroit où se trouve ma communauté, et là où mes chiens peuvent courir librement. La vague qui traverse le maillot représente le splendide lac blotti dans les montagnes de la Sierra Nevada. Avec ses superbes collines et parcs, la zone est de la baie de San Francisco ne ressemble pas tellement à une ville et j’ai pu maintenir un style de vie semblable à celui que j’avais dans les montagnes. Cependant, le Bay Bridge m’ouvre les portes sur un monde nouveau rempli de musées, de restaurants, de merveilles architecturales, de bars à vin et de toutes ces choses auxquelles je m’intéresserai davantage lorsque je ne serai plus une coureuse professionnelle. Quand je traverse le pont, j’aime passer sous ses majestueux piliers. J’en ai mis un sur le côté droit du maillot. Je m’estime chanceuse d’avoir eu l’occasion d’habiter tous ces endroits merveilleux et d’y avoir de la famille ou des amis.

La dernière partie du design est une coupe de vin. Je ne cache pas mon affection pour cette boisson. J’ai voyagé à travers le monde et j’en ai dégusté beaucoup. J’apprécie particulièrement les vins de Californie. Ma journée parfaite se termine par une promenade en soirée avec les chiens et un verre de vin en bonne compagnie. En langue tchèque, on dit « na zdravi » pour trinquer, et puisque l’une de mes coéquipières se débrouille plutôt bien en tchèque, entre deux verres de vin, elle m’a aidée à concevoir ce dernier élément de mon maillot Garneau personnalisé. Merci, Maghalie ! Je vais continuer à boire pour nous deux.

Le maillot de Katerina Nash

Le design de ce maillot me représente plutôt bien et je serai heureuse de le porter pour rouler. La vie est faite de petits plaisirs, comme avoir un joli ensemble qui donne envie de sortir rouler. Celui-ci me fera penser à mes chiennes quand je ne suis pas avec elles et aux endroits où j’ai habité et qui me manquent parfois. Ce maillot représente une vie bien équilibrée, constituée de vélo, d’un peu de vin, de promenades avec les chiens et de beaucoup de reconnaissance envers les endroits que j’ai visités et les expériences que j’ai vécues grâce au vélo.

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