L'histoire derrière Sebastain Bolanos

Récit et photos de John Segesta -
John est un photographe d'expérience qui prend souvent des photos pour Garneau.

Sebastian Bolanos with his family
Sebastian Bolanos et sa famille

Né à San Jose, Sebastian Bolanos habite maintenant dans la vallée d'Orosi, au Costa Rica. Arthur Durman, son grand-père, y a fait l’acquisition d’un lopin de terre il y a de nombreuses années et y a installé une cabane en rondins. La famille pouvait ainsi temporairement s’éloigner de la vie citadine et animée braquée sous les projecteurs de la scène politique. Le beau-père d’Arthur, Fernando Esquivel Bonilla, arrière-grand-père de Sebastian, était à l’époque vice-président du Costa Rica.

Bien avant que Sebastian ne s’y installe, l’endroit fût témoin de bien des traditions. Arthur et son épouse bien-aimée Sylvia possédaient 1 800 acres supplémentaires dans la vallée voisine, où le jeune couple pique-niquaient les avant-midis sous une imposante cascade, tout en savourant leur scotch préféré. Ils parlaient de leur amour de la terre, de leurs rêves, de leur famille, de leur avenir. Bien des années plus tard, Arthur y construisit une chapelle en pierre en l'honneur de Sylvia. Elle s’y trouve encore aujourd'hui, sanctuaire bucolique dont les portes ne sont jamais verrouillées.

Véritable magnat de la tuyauterie en PVC, Arthur fût l’un des plus importants fournisseurs de ce nouveau matériau en Amérique centrale et en Amérique du Sud, essentiel au développement économique et aux infrastructures de son époque. C’est ce qui explique que Sebastian a vécu avec certains privilèges. Mais avec certaines valeurs aussi.

Jeune, dans son quartier natal de Santana à San Jose, Sebastian adorait le BMX. Puis, en 1995, sa grand-mère lui achète un vélo de montagne, un Cannondale Super V. Un parcours qui le mène finalement, des années plus tard, au vélo de route. Ces sports lui enseignent structure, discipline et l’atteinte de buts, trois vertus qu’il met à profit lorsqu’il développe des années plus tard une entreprise de culture et de vente de champignons à des détaillants tels que Walmart.

Sebastian Bolanos on his bike
Sebastian Bolanos à vélo

Arthur a maintenant 92 ans et a récemment survécu à un cancer du côlon. Il est accompagné d’une charmante femme de nombreuses années sa cadette. Et ils s’aiment. Ça lui donne de l’énergie. C’est un de ces hommes dont nous avons l’impression qu’il vivra bien au-delà de 100 ans.

Sebastian, quant à lui, attire l’attention de nombreuses femmes qui le pourchassent, certes, mais leur attention est dans la plupart des cas de nature amicale. Il n’est pas exactement ce qu’on appellerait un homme à femmes. Vraiment, il aime les gens et les gens l'aiment. Il se trouve seulement qu’une grande majorité sont des femmes.

Son charme, sa simplicité et son accessibilité sont déconcertants, au même titre que sa parfaite maîtrise des routes locales au volant de son Defender 90, une bête particulièrement séduisante accompagnée du ronronnement d’un moteur Puma, disponible dans ce modèle depuis 2007.

Aujourd'hui, à l'Hacienda Montecristo, les hortensias poussent en abondance et couvrent les collines à perte de vue. Arthur en a planté une quantité phénoménale, tout comme il a planté de l’Araucaria, un genre de conifère des pays chauds. Le tout donne une scène surréaliste de jungle sauvage, riche et diversifiée. Si vous cherchez l’Hacienda sur une carte, vous verrez qu’elle repose à la lisière des vastes forêts tropicales et humides qui composent les parcs nationaux de Tapantí et de Los Quetzales.

Landscape of Sebastian Bolanos' land
Paysage sur les terres de Sebastian Bolanos

La route qui monte depuis Orosi est rugueuse, d'où le Defender. Se rendre ici n’est pas facile. Avoir envie d’y rester l’est. La pression de l'eau est faible, la connexion Internet est intermittente et le réseau cellulaire instable. En effet, vous pouvez recevoir des appels, mais il vaut mieux prévoir d’avance un message pour votre répondeur: « Lo siento mucho... »

Les forêts tropicales adjacentes sont débordantes de faune exotique. Le chant des oiseaux commence au lever du soleil, remplaçant le refrain nocturne des insectes, grenouilles et d'autres créatures mystérieuses. Un nénuphar pousse dans le spa en pierre. Du bois de chauffage est empilé devant la porte; le lichen sec facilite l’allumage.

Une jolie femme nommée Xena arrive tôt pour préparer le café. Elle partage son temps entre la cabane où habite Sebastian et la maison principale où les membres de la famille élargie viennent passer les vacances. La maison est vide, mais il reste tant à faire avant l’arrivée des convives.

Bolanos n’a aucune raison de quitter cet endroit paradisiaque, mais il aime sortir de chez lui et aller livrer des champignons dans des restaurants locaux. Il aime aussi visiter la boulangerie locale de son ami Paulo. Et il aime faire du vélo. Surtout avec Paulo, justement.

Au printemps dernier, le duo a participé à La Batalla del Norte, une course de 250 km qui commence et se termine à la station balnéaire de La Fortuna, en longeant la frontière nord du Costa Rica et du Nicaragua. Ils ont terminé troisième dans leur catégorie.

Sebastian Bolanos with his friend
Sebastian Bolanos et son ami

La Batalla del Norte est un événement prestigieux au Costa Rica; Bolanos était fier de courser et encore plus fier de monter sur le podium. Et il a de quoi l’être. Il a étudié aux États-Unis à l'Université Purdue en génie industriel puis a fait son MBA au Mexique. Ce qui s'est avéré utile lors de la création de son entreprise. Mais travailler à la ferme avec son grand-père était, selon Bolanos, la meilleure éducation de toutes.

La famille, la santé, l’empathie et la cohérence sont les valeurs fondamentales qui le guident dans la vie et à vélo. Pour Bolanos, chaque minute passée sur son vélo est une façon de célébrer la vie, la liberté. Une façon de communiquer avec la nature qui l’entoure.

« Avec mes mains sur le guidon, dit Bolanos, je peux sentir chaque bosse et chaque fissure sur la route. C’est comme une conversation entre moi et mon environnement. »

« Quand je fais du vélo, continue-t-il, j’admire le paysage, certes, mais j’ai aussi l’impression d’honorer et de redonner à la nature. »

À ce jour, Bolanos a planté plus de 50 000 arbres. Donc oui, on peut dire qu’il redonne à la nature.

The story of Sebastian Bolanos

Story and Photos by John Segesta -
John is a photograph with over 20 years of experience, he often shoots pictures for Garneau. 

Sebastian Bolanos with his family
Sebastian Bolanos with his family

Sebastian Bolanos lives high above Costa Rica’s Orosi Valley in a log cabin that his grandfather imported from Montana many years ago. He was born in San Jose; his grandfather, Arthur Durman, pioneered this land early on, creating a place for his family to find respite from busy city life, and from the spotlight. Arthur’s father-in-law, Sebastian’s Great Grandfather, Fernando Esquivel Bonilla, was Vice President of Costa Rica.

Before Sebastian settled here and called it home, traditions were made. Arthur loved his wife. Her name was Sylvia. In the next valley, where the young couple owned an additional 1,800 acres, they would picnic below a towering waterfall and enjoy Dewar’s, their favorite Scotch. They did this in the early afternoon and talked about their dreams for the land, for the family, for the future. Much later, Arthur would build a stone chapel on this land in Sylvia’s honor. It stands today, a bucolic shrine the doors of which are never locked.

Arthur went on to become a magnate of PVC piping, one of Central and South America’s most prominent suppliers of the new technology so critical to the developing infrastructure. And so Sebastian lived with certain privileges. And, notably, values.

As a youngster in his San Jose neighborhood of Santana, Sebastian rode BMX. Then in 1995 his grandmother bought him a mountain bike, a Cannondale Super V. It was step two in a progression that would later put him on skinnier tires and provide him with structure, discipline, goals. Three virtues he would later value as he developed a burgeoning business growing and selling mushrooms to such retailers as Walmart.

Sebastian Bolanos on his bike
Sebastian Bolanos on his bike

Arthur is 92 now, a recent survivor of colon cancer. He enjoys the prolonged company of a lovely woman many years his junior. She loves him. He loves her. They’re in it for the long haul. He’s just one of those guys you get the feeling will live well beyond 100.

Sebastian, meanwhile, enjoys the adulation of many woman. Woman chase him, to be sure, but his reception of their flattery is in most cases simply social. He’s not what you’d call a ladies man. Really he just loves people. And people love him. And some of them just happen to be women.

The satisfaction of his social appetite is facilitated by his charm, his land, and, perhaps most conspicuously, his agile command of the local roads while driving his Defender 90. A prowl made particularly sexy by the purr of the Puma engine. Two thousand and seven was the first year one could option this power plant in this model of Landrover.

Today at Hacienda Montecristo, hydrangeas grow in abundance, covering the hillsides. Such proliferation of the flower doesn’t seem possible. Arthur planted these flowers. He also planted Araucaria, a genus of coniferous evergreens. In all it’s a surreal scene set against a jungle of indigenous life, famously rich and diverse. If you look at the Hacienda’s place on a map, you’ll see that it rests on the edge the expansive rainforests that comprise Tapantí and Los Quetzales National Parks.

Landscape of Sebastian Bolanos' land
Landscape of Sebastian Bolanos' land

The road up from Orosi is rough; hence the Defender. Getting here isn’t easy. Staying here is. The water pressure sometimes wanes. The internet is intermittent. Your cell shows bars. Indeed, you can receive calls; but a recorded message is the reply to any effort to call out: “Lo siento mucho…”

Wildlife overflows from the adjacent parks. The birdsong begins at sunrise, replacing the nocturnal drone of insects, frogs and other creatures of mysterious identity. A water lily grows in the stone hot tub. Seasoned fire wood is stacked outside the door; fuzzy moss facilitates an easy start.

A lovely woman named Xena shows up early to start coffee. She’ll split her time between the cabin where Sebastian lives and the main house where the extended family vacations. The family is not here now, but still there’s work to do.

All things considered, it’s a mystery why Bolanos would ever leave this place. But he’s good about delivering mushrooms to local restaurants. He likes to visit the local Panaderia Arce owned by his friend Paulo. And he likes to race his bike. Especially with Paulo.

This spring the friends raced as a two-man team in La Batalla del Norte, a 250K road race that starts and finishes in the resort town of La Fortuna, after running out-and-back to Costa Rica’s northern border with Nicaragua. As a team, they finished third in their class.

Sebastian Bolanos with his friend
Sebastian Bolanos and Friend

La Batalla is a prestigious event in Costa Rica; Bolanos was proud to race it, even prouder to podium. Indeed, Bolanos is a proud man. He lives his life with purpose and he monitors such purpose regularly, keeping grounded, checking himself always against the example set by his grandfather. He studied in the States at Purdue University. And then he attended graduate school in Mexico. Industrial engineering at Purdue and an MBA in global business strategy. Which I guess came in handy when selling mushrooms to Walmart. But working on the farm with his grandfather was, according to Bolanos, a better education than any of this.

What moral pillars have grown to support him in life? Family. Health. Empathy. Consistency. Those are the core values he lives by. Values that translate well on two wheels. Indeed, Bolanos’ time on the bike is an overt expression of life. Of freedom. The bike is a conduit. A connection.

“With your hands,” says Bolanos, “you feel every single crack in the road.” It’s a feedback mechanism. A loop, really.

“When I ride my bike,” he continues, “I enjoy the landscape, but I feel like I’m also giving back to it.”

To date, Bolanos has planted over 50,000 trees. So yeah, he’s giving back.